← Tous les articles

6 signes qu’un client va vous faire perdre votre temps.

6 signes qu’un client va vous faire perdre votre temps

Recrutement : les 6 signes qu'un client va vous faire perdre votre temps

Vous venez de signer un nouveau client. Le besoin est urgent, le brief semble simple, et vous voyez déjà la mission bouclée en quelques semaines. Alors vous lancez la machine à fond : sourcing, chasse, premiers candidats envoyés…

Et là, patatras.

Le feedback ne vient pas, les relances tombent dans le vide, le process s'enlise. La mission "facile" se transforme peu à peu en gouffre à énergie. Et en heures de travail que vous ne facturerez probablement jamais.

Que vous soyez un pro du recrutement en cabinet, en ESN, en agence d’intérim, ou encore en indé’, certains clients vous coûtent bien plus qu'ils ne vous rapportent. Et le plus souvent, les signaux sont là dès le départ.

Encore faut-il savoir les repérer.

Chez Hireness, on échange chaque semaine avec des recruteurs qui reconnaissent ces situations. Alors aujourd’hui, on vous partage les 6 red flags à surveiller pour évaluer une mission avant d'y consacrer des dizaines d'heures.

Red flag n°1 : le brief est flou (et changeant)

Le besoin est décrit en dix minutes, impossible d'échanger avec le futur manager, et les critères oscillent entre le grand flou artistique et la liste au Père Noël où tout est "indispensable".

Mauvais signe : un brief bancal au départ finit rarement par se préciser tout seul en cours de route.

Après trois CV, le client réalise qu'il veut finalement quelqu'un de plus senior. Après cinq, que l'expérience dans son secteur est non négociable. Et au passage, le périmètre du poste a légèrement changé.

À chaque révélation, vous repartez à la chasse.

Avant de signer, assurez-vous donc d'avoir accès aux bonnes personnes et de pouvoir réellement challenger le besoin. Votre job, c'est de trouver le bon candidat, pas d'aider le client à découvrir, CV après CV, ce qu'il cherche.

Red flag n°2 : un profil premium, un budget discount

Le candidat recherché ? Dix ans d'expérience, une expertise pointue, un anglais impeccable, trois compétences pénuriques et, si possible, quelqu'un disponible dès demain.

Seul petit détail : le salaire proposé est sensiblement inférieur aux rémunérations que vous observez pour ce type de profil.

Vous expliquez que ça va coincer. Le client le sait. Mais bon, "essayons quand même, on ne sait jamais". Sauf que ce "on ne sait jamais" a un coût, et c'est vous qui allez le payer, en heures de sourcing.

La parade est simple : confrontez clairement le client à la réalité du marché. Appuyez-vous, lorsque vous en disposez, sur des données de rémunération, vos recrutements récents ou les prétentions des candidats approchés.

S'il accepte de revoir ses exigences ou son budget, très bien.

S'il veut toujours sa licorne au prix d'un poney, vous savez déjà à quoi vous attendre : des semaines à chercher un candidat qui n'existe pas.

Red flag n°3 : il négocie vos honoraires au centime près

Vous n'avez pas fini de parler du besoin qu'il vous demande déjà si vous pouvez faire un geste sur les honoraires.

20 % ? Trop cher. Un autre cabinet propose 18 %. Et si on partait sur 15 % pour commencer ?

Négocier fait partie du jeu. Mais quand toute la discussion commerciale tourne autour de votre prix, méfiance.

Un client qui cherche à gratter chaque point avant même d'avoir travaillé avec vous vous envoie un message clair. Il voit d'abord votre cabinet comme un coût à réduire, pas comme une expertise qui a de la valeur.

Avant de céder, regardez ce que le client est prêt à mettre dans la balance : exclusivité, acompte, volume de recrutements, engagement sur les délais de feedback…

Une remise peut se négocier. Mais votre rentabilité, elle, n’a pas à être sacrifiée.

Red flag n°4 : cinq cabinets sont déjà sur le coup

"On travaille déjà avec quatre cabinets, mais je peux vous ajouter à la liste."

Quelle chance. Pas d'exclusivité, pas d'acompte, aucun engagement particulier : vous êtes cinq à pouvoir passer des dizaines d'heures sur la mission… pour une seule facture à l'arrivée.

Le problème n'est pas la concurrence en soi, c'est que tout le risque repose sur les cabinets.

Le client, lui, peut multiplier les prestataires gratuitement et attendre tranquillement de voir qui présentera le bon CV en premier.

Posez les bonnes questions (combien de cabinets travaillent sur le poste ? Depuis combien de temps ? Des candidats ont-ils déjà été présentés ?) et faites le calcul froidement : quelles sont réellement vos chances de placer ? Si la réponse ressemble davantage à un jeu de hasard qu'à une mission de recrutement, vous avez peut-être mieux à faire de votre temps.

Au passage : le meilleur moyen d'éviter d'en arriver là reste d'avoir un pipeline de missions suffisamment rempli pour pouvoir dire non à ce genre de mise en concurrence .

À lire aussi :

Red flag n°5 : le process de recrutement est bancal

"Alors, il y aura un premier entretien RH, puis un test technique de deux heures sur site, un échange avec le manager, un use case à préparer et à présenter devant trois personnes… et normalement, ce sera bon. Ah, et le CEO aime bien rencontrer les finalistes aussi."

Tout ça pour recruter un commercial.

À l'inverse, parfois, le problème n'est pas le nombre d'étapes : c'est que personne n'est vraiment capable de vous expliquer qui intervient, à quel moment, ni surtout qui aura le dernier mot.

Dans les deux cas, gros red flag : un process mal ficelé est le meilleur moyen de voir un recrutement s'étirer pendant des semaines.

Le réflexe à avoir : demandez noir sur blanc combien d'étapes, avec qui, dans quels délais, et surtout qui prend la décision finale. Sans réponse claire à ces trois questions, vous risquez de perdre de bons candidats en cours de route.

Red flag n°6 : il faut le relancer trois fois avant qu'il réponde

Vous envoyez votre proposition commerciale lundi. Pas de réponse. Petite relance jeudi. Toujours rien. Un coup de fil la semaine suivante et, miracle : "Ah oui, désolé, j'avais complètement oublié de vous répondre."

Si obtenir une réponse est déjà compliqué alors que la mission n'a même pas commencé, imaginez quand vous aurez besoin d'un feedback rapide sur trois candidats.

Bien sûr, un client peut être débordé. Mais quand chaque échange nécessite deux relances et que le recrutement supposément "urgent" passe systématiquement après tout le reste, ça sent déjà le roussi.

Fixez-vous une règle claire : au-delà de deux relances sans réponse, la mission sort de vos priorités.

Pour résumer : la checklist avant de dire oui

Alors, comment savoir si une mission mérite vraiment votre temps ?

Avant de foncer, posez-vous 6 questions :

  1. Le besoin est-il clair et suffisamment stable ?
  2. Le budget est-il cohérent avec le profil recherché ?
  3. Mes honoraires sont-ils acceptés sans marchandage interminable ?
  4. Ai-je une vraie chance de placer face aux autres cabinets ?
  5. Le process et les décisionnaires sont-ils clairement définis ?
  6. Mon interlocuteur est-il suffisamment réactif ?

Un red flag isolé ne suffit évidemment pas à envoyer un client promener. Mais trois ou quatre qui clignotent en même temps ? Il n'y a plus à hésiter : fuyez.