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Les 5 erreurs qui vous font rater le bon candidat en entretien.

Les 5 erreurs qui vous font rater le bon candidat en entretien

Les 5 erreurs qui vous font rater le bon candidat en entretien

Des entretiens, vous en avez probablement mené des centaines. Peut-être même des milliers. Autant dire qu’on ne va pas vous expliquer comment poser une question à un candidat.

Mais l’expérience n’empêche pas les mauvais réflexes. À force, certains automatismes s’installent : on croit cerner un profil en quelques minutes, on pose toujours un peu les mêmes questions… et parfois, on passe à côté d’un excellent candidat.

Ou pire : c’est lui qui passe à côté de vous.

Facile, alors, d’accuser le marché : “Les bons profils sont hyper sollicités”, “Il avait sûrement une autre offre.”

Sauf que parfois, c’est l’entretien lui-même qui a tout fait basculer.

Alors aujourd’hui, on vous propose de regarder de l’autre côté de la table : qu’est-ce qui, dans votre façon de mener vos entretiens, peut vous faire rater les bons candidats ? 

Voici 5 erreurs qui reviennent même chez les recruteurs aguerris, et comment les corriger.

Erreur n°1 : chercher à confirmer ce que vous pensez déjà

Le CV est nickel. Le parcours colle au poste, les mots-clés sont là. Avant même d’avoir échangé un mot, vous le sentez : c’est le bon.

Résultat : l’entretien devient une formalité. Vous posez les questions qui confirment votre première impression et minimisez les signaux qui pourraient la contredire.

Même chose à l’envers : face à un profil atypique, vous cherchez ce qui justifiera votre méfiance plutôt que ce qui pourrait la remettre en cause.

Et ce biais a été observé sur le terrain : une étude menée sur 79 vrais entretiens a montré que l’impression formée avant l’échange influençait ensuite la façon dont les recruteurs menaient l’entretien, notamment les informations qu’ils cherchaient à obtenir.

Or un entretien qui ne fait que confirmer une opinion déjà formée n’est plus vraiment un entretien. C’est une validation déguisée en évaluation.

Le bon réflexe : préparez toujours 2-3 questions pour challenger votre première impression. Sur un profil parfait, identifiez ce qui pourrait vous faire changer d’avis. Sur un profil qui vous convainc moins, cherchez ce qui pourrait vous donner tort.

Erreur n°2 : confondre “bon candidat” et “bon candidat en entretien”

Il s’exprime parfaitement, structure ses réponses, rebondit sur vos questions et trouve toujours le bon exemple. Bref, il est excellent… en entretien.

Le problème, c’est que cette aisance peut facilement brouiller l’évaluation.

Parce qu’être à l’aise face à un recruteur est une compétence en soi. Mais ce n’est pas forcément celle qui fera la différence une fois en poste (à moins que vous recrutiez quelqu’un pour passer des entretiens toute la journée).

Si vous travaillez en cabinet, en ESN, en indé ou encore en agence d’intérim, le piège est encore plus sournois : vous savez très bien qui va emballer votre client en entretien. Mais est-ce que ce même candidat va vraiment matcher une fois en poste ?

Ou est-ce que tout va se déliter pendant la période d'essai, une fois l'effet de vitrine retombé ?

Le bon réflexe : basez-vous toujours sur des faits concrets. Demandez des exemples précis, des chiffres, et des situations vécues en détail.

Erreur n°3 : oublier que le candidat vous évalue aussi

Compétences, motivations, salaire, disponibilité, autres process en cours… Vous avez votre checklist.

Sauf que pendant que vous évaluez le candidat, lui aussi se fait un avis.

Sur le poste, votre client, son management, le process à venir… et sur la façon dont vous lui présentez tout ça.

Un entretien trop à sens unique peut donc vous permettre de valider un excellent profil tout en lui donnant zéro raison de poursuivre.

Pas besoin de transformer l’échange en pitch commercial de 30 min. Mais le candidat doit repartir avec une vision claire du poste, du contexte, de l’équipe et de la suite. Et avoir le temps de poser ses questions.

Bref, ne vous contentez pas de vous demander : “Est-ce que je le présente à mon client ?” Demandez-vous aussi : “Est-ce que je lui ai donné envie de rencontrer mon client ?”

Erreur n°4 : ne pas chercher les vrais drivers du candidat

"Pourquoi êtes-vous à l'écoute ?" — "J'ai envie d'un nouveau challenge." Très bien. Mais encore ?

Derrière un candidat qui veut "évoluer" ou "avoir plus de responsabilités" se cachent souvent des réalités bien plus terre-à-terre : un salaire qui stagne, un manager avec qui ça coince, aucune perspective d'évolution, trop de présentiel, un projet qui l'ennuie. Et c'est précisément ce qui le fera dire oui à votre client plutôt qu'à un autre.

Votre rôle est donc de dépasser la première réponse. Pourquoi maintenant ? Qu'est-ce qui lui manque dans son poste actuel ? Qu'est-ce qui serait rédhibitoire dans le prochain ? Entre deux offres équivalentes, qu'est-ce qui ferait pencher la balance ?

Plus vous comprendrez ce qui fera vraiment bouger votre candidat, moins vous risquerez de lui vendre une opportunité qu'il finira par décliner, pour un autre poste ou une contre-offre de son employeur actuel.

Erreur n°5 : ne pas verrouiller la suite

L'entretien s'est bien passé. Très bien, même.

Et puis vient la fin de l'échange : "Je vous tiens au courant très vite." Sans date. Sans étape suivante clairement posée.

Pendant que vous "réfléchissez" ou que vous attendez le retour de votre client, le candidat, lui, ne met rien en pause. Il continue ses process ailleurs.

Et un candidat qui a le choix ne va pas forcément patienter pour vous : une entreprise plus rapide peut très bien vous passer devant.

Le cabinet Robert Half l’avait démontré dans une enquête menée il y a quelques années aux États-Unis : 56 % des employeurs interrogés disaient avoir raté au moins un recrutement ; parmi les raisons citées, 35 % indiquaient avoir mis trop de temps à faire une offre.

Résultat : vous perdez un excellent candidat non pas à cause de l'entretien lui-même, mais à cause de ce qui s'est passé (ou plutôt, de ce qui ne s'est pas passé) juste après.

Le bon réflexe : ne terminez jamais un entretien sans poser une échéance claire.

“On se bloque un point mardi prochain à 14 h ?”, “Je vous appelle vendredi, quel que soit l'avancement". Peu importe le délai exact, du moment qu'il engage les deux parties sur une date précise plutôt que sur un vague "on se tient au courant".

Et maintenant, on change quoi ?

Pas besoin de réinventer toute votre méthodologie d’entretien. Mais après le prochain, prenez deux minutes pour vous poser cinq questions :

  • Est-ce que j’ai réellement challengé ma première impression ?
  • Est-ce que j’ai évalué ses compétences ou sa capacité à bien se vendre ?
  • Est-ce qu’il repart avec autant d’informations utiles que moi ?
  • Est-ce que je sais ce qui pourrait lui faire dire oui… ou non ?
  • Est-ce que chacun sait clairement ce qui se passe ensuite ?

Et quitte à questionner vos habitudes, pourquoi ne pas aller un peu plus loin et tester d’autres façons de mener l’entretien ?

Mohamed Achahbar, de l’École du Recrutement, propose par exemple d’envoyer les questions 30 à 45 minutes avant l’échange. L’idée : laisser au candidat le temps de préparer des réponses plus réfléchies, et sortir un peu du concours d’improvisation.

Bonne ou mauvaise idée ? À vous de tester.

Après tout, vos candidats évoluent. Le marché évolue. Vos entretiens peuvent bien en faire autant.